Éthiopiens mais africains. Géopolitique de la nouvelle guerre en Afrique

La guerre qui se déroule en ce moment en Éthiopie, capitale politique de L’Afrique, à une dimension géopolitique qui risque d’avoir un impact sur la relation entre les États africains et ceux du bloc occidental dans les années qui viennent.

Tout comme en Centrafrique, le conflit semble prendre une nouvelle tournure depuis que certaines puissances comme la Chine, l’Iran, les Émirat Arabes Unis, sont accusées par les forces du Tigree, d’armer les forces gouvernementales éthiopiennes. Étrangement, les média occidentaux passent sous silence ce grave conflit si ce n’est pour faire passer les opinions défavorables au gouvernement central. TV5, faisant parler un « spécialiste de l’Ethiopie », officialise la thèse des deux visions du futur de l’état. Ainsi, pour les occidentaux, si le Premier Linistre Ahmed Abiy parle de dissidence du Front de Libération du Peuole du Tigree, c’est pour cacher sa volonté de pouvoir absolu. Or, ce front fut le même groupe qui avait renversé Mengistu Haile Mariam du pouvoir en 1991. Ahmed Abiy fait justement parti de ce groupe d’ex-rebelles. Ces derniers dénoncent la dictature rampante de leur ex-allie devenu entre temps l’homme fort d’Adis Abeba.

La vérité est toute simple. Les régions éthiopiennes sont de véritables états avec un passé et une culture plurimillenaire. Cependant, en dépit de toutes les contradictions, aucune n’a jamais eu de revendication séparatiste en dehors de L’Erythree qui a pris son indépendance après le renversement de celui qui fut appelé L’empereur Rouge, Mengisty Haile Mariam. Parler alors de séparatisme en Éthiopie est totalement trompeur puisque les camps qui s’affrontent en ce moment sont issus du même pouvoir.

Ce qui semble la donné nouvelle est que, comme en Centrafrique, les occidentaux semblent absents, sinon, être moins impliqués si ce n’est pour menacer le pouvoir central de sanctions. En même temps, la Chine préfère soutenir directement le gouvernement fédéral. Comme elle, d’autres puissances régionales qui craignent les effets des extrémisme du micro-nationalisme, ne peuvent qu’apporter leur soutien massif et décisif au pouvoir central contre la rébellion tigreenne. L’enjeu est le maintien ou non de la fédération d’Ethiopie ou alors, la prise su pouvoir de l’aile dure du Front de Libération du Tigree. On peut comprendre Pekin puisque le cas de Taïwan est toujours pendant. Londres devrait aussi se rappeler que la crise de l’Irlande du Nord ne peut pas être niée.

Ainsi il semble que depuis quelques années, les gouvernements africains optent pour une recomposition de leur diplomatie en temps de conflits internes pour s’adosser aux puissances qui semblent ne pas aller dans le sens du bloc occidental. La Centrafrique va jusqu’à imposer désormais le russe dans les établissements publics scolaires et universitaires. Au Mali, la nouvelle junte au pouvoir semblait vouloir tourner les yeux vers la Russie et très vite, la France est revenue à de meilleures sentiments. Au Burkina Faso, la menace de forces obscures ne semblent pas inquiéter outre mesure les chancelleries occidentales. Pis, il semblerait que ce soit l’ancien pouvoir de Blaise Compare qui serait à la manœuvre.

Aussi, si le Premier Ministre Abiy réussit son pari de défaire les forces du Tigree, et ainsi montrer aux autres groupes séparatistes qui attendent l’issue du conflit entre anciens partisans, il y a craindre que cela fasse tâche d’huile. Les autres pays, en cas de crise interne, pourraient finalement aller vers Moscou, Pékin, Téhéran ou Dubai zn lieu et place de Paris, Washington ou Londres.

La question reste donc de savoir jusqu’où ira Ahmed Abyi pour préserver la fédération éthiopiennes et surtout que penserait le bloc américain en cas de victoire de son allié traditionnel sans son apport? Troquer le costume du prix Nobel au treillis est-il une réponse à long terme?

La réponse risque d’être un endiguement du conflit justement pour fragiliser les deux camps et les mettre à la merci des des blocs difformes qui semblent enclencher une nouvelle guerre froide en plusieurs directions, donc non classiques. Pourvu que les deux camps en tirenr les leçons avant que le monde ne soit obligé de se mobiliser, une fois encore, pour le berceau de l’humanite.

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