LE TEMPS  POUR UNE L’ALTERNATIVE SOCIÉTALE

 Au Forum Mo Ibrahim qui se tenait à Abidjan le 6 Avril 2019, le Président de la République de Côte d’Ivoire affirma, entre autres,

« J’ai déjà fait 8 ans à ce poste de PR; je n’ai jamais fait plus de 6 ans à un poste… Mon fils a 52 ans… La tendance va vers une transmission de générations… je n’ai pas dit que j’ai terminé (rire)… Je donnerai ma décision l’année prochaine. »

 Ce faisant, Le Président Ouattara résumait ainsi une situation politique extrêmement complexe avec une génération de leaders politiques, la deuxième de notre pays, celle née entre 1930 et 1955, ayant géré le pays, vieillissante mais hésitante à passer la main, à une autre, montante, caractérisée par les années de l’ajustement structurel et de l’effondrement du Mur de Berlin avec son corollaire, l’ouverture démocratique inachevée, nourrie au sein du combat revendicatif mais dont les tares plurielles posent problème à terme. A la vérité, un peu plus de  25 ans après la mort du Président Félix Houphouët-Boigny, La Côte d’Ivoire aura connu quatre régimes présidentiels qui, analysés dans la forme comme le fond, constituent un système présidentialiste anti-démocratique, antinational et enfin antipopulaire.En effet, L’Ivoirité a été une réponse politique servie au peuple ivoirien pour masquer la mainmise du clan présidentiel sur les richesses nationales et la gabegie systémique. Le régime militaire issu du coup d’état du 24 décembre 1999, contre le successeur du Père de la Nation, n’aura pas été jusqu’au bout du processus de changement espéré par le peuple dans toutes ses composantes. A la réalité, les militaires, aux allégeances politiques plurielles, n’avaient pas la capacité de se mettre au-dessus des contingences pour gérer une transition vers la démocratie dont notre pays avait urgemment besoin. Le populisme des refondateurs n’aura été qu’une autre tactique de camouflage des agendas tout aussi complexes qu’individuels. Avec l’attaque du 19 Septembre 2002 qui se transforma en rébellion aux milles tentacules sous régionales et internationales, La Côte d’Ivoire est entrée dans un tourbillon d’instabilité structurelle que le régime du rattrapage ethnique, mélange d’autoritarisme et de sectarisme ethno-militariste, ne peut finalement pas résoudre.Les raisons profondes de cet état de fait permanent, qui nous impose par conséquent une analyse systémique, restent vaguement scrutées. Dans la plupart des espaces, que ce soit la presse traditionnelle ou sociale, l’ambiance délétère et la suspicion généralisée, à cause des positions idéologiques et politiques braquées et passionnelles, une analyse de fond n’est finalement pas possible. La division profonde de la société ivoirienne empêche ainsi la plupart des populations, ainsi que des cadres ou élites, de croiser le fer du discours duquel devrait rejaillir la lumière qui devrait nous éclairer et nous conduire à des prises de position, voire même, des décisions tant individuelles que collectives, allant dans le sens de la vérité, de la justice et de l’éthique. Dans une nation en déliquescence avancée puisque les tribus se coalisent au gré des intérêts des dirigeants qui les maintiennent justement dans cette dialectique ethnique pour justifier leur leadership, aucune perspective collective, voire même individuelle, n’est possible.Car le présidentialisme excessif ne fonctionne que pour ceux du premier cercle du clan du centre, avec le Président, son épouse et leurs amis directs. Ni le groupe ethnique, encore moins les cadres qui le soutiennent, ne sont les vrais bénéficiaires du régime. Le Président, omnipotent et omniscient, devenu véritable Dieu pour ses adorateurs, ne comprend pas la dialectique profonde de ce système qui consiste à transformer ses membres en zombies. Leur rôle est de vénérer le chef et leur mission reste de spolier systématiquement le peuple, justement pour le maintenir dans la dépendance, pour que vive le Chef ! La proximité oblige donc à chacun de ne point contredire le Chef et d’agir comme lui, vis-à-vis des subalternes, et donc de l’ensemble du peuple. Le régime ne peut, à cause de sa nature véritable, ni satisfaire les aspirations populaires, ni permettre au chef de comprendre le déroulement des évènements, ni projeter, de ce fait, le pays, dans des perspectives positives, progressistes et légitimes. Le cercle de l’instabilité est ainsi créer et ne se brise que par l’action d’une des tribus et ses composantes, à la même logique, pour aboutir aux mêmes résultats.En 2020, La Côte d’Ivoire célébrera ses 60 ans d’existence légale. Mais en 2020, elle fera surtout le bilan des années post-Houphouëtistes. La grande problématique reste alors de se poser la question du bilan et des perspectives. N’est-il pas temps qu’une vraie analyse de fonds et de forme se fasse pour que Notre Pays fasse son bilan pour qu’ensemble nous proposions des perspectives radicalement différentes, tant au plan politique, économique, social que culturel ? Quel est le véritable bilan de la gestion de la deuxième génération ? Quelles sont les perspectives qui se dessinent tant pour la trosième, celle de ceux qui sont nés entre 1950 et 1975 ? Quelle est la situation objective en tout, de celle née entre 1975 et 2000 ? Quel sera l’héritage pour celle qui nait sous le coup d’état en 2000 et dont l’état des lieux mérite d’être fait parce qu’elle sera celle qui célébrera le centenaire de notre pays ? En un mot, si nous devons répondre à toutes ces questions lancinantes et anxieuses, il nous reste de conclure forcément que le Temps de l’Alternative Sociétale est venu. Cette Alternative Sociétale doit être inventée, sinon pensée, pour être demain.C’est pour cela que des femmes et des hommes ont décidé de s’associer pour constituer ensemble ce journal Alternative Sociétale, courant de pensée politique progressiste, démocratique et nationaliste, avec pour objectif ultime, de répondre aux immenses défis de notre époque par l’émancipation de chacun, le juste partage des connaissances, des pouvoirs, et les richesses nationales, le refus de participer au maintien d’un système où  les possibilités considérables qui surgissent de l’activité et du génie humain sont dévoyées en pillage des ressources, en concurrence aveugle, en affrontements et en guerres. Nous nous opposons catégoriquement à une société d’injustices et d’inégalités où les forts écrasent toujours les faibles et où l’idéologie de la a toute-puissance de l’argent est idéalisée. L’Alternative Sociétale sera une tentative de combat pour l’invention d’une telle société et système car pour nous, le néo-libéralisme n’est pas une solution en soi, mais une approche qui devra aussi assumée ses effets collatéraux et pervers dont une responsabilisation sociale de l’entreprise ne peut que constituer une réponse timide. Il existe, en effet, une solution alternative à chaque défi ou situation. Par exemple, au système présidentialiste excessif, militariste et tribaliste, on peut opposer le système de démocratie participative fondé sur la gouvernance politique, économique, sociale, inclusive, pacifiste mais surtout qualitative.C’est notre conviction aussi que, pour la plupart des pays de notre continent Africain, la sortie du joug colonial s’est fait sans une rupture avec  l’esprit de colonisé et de servitude à l’égard de l’ancien colonisateur. Or la fin de la Guerre Froide et l’émergence des technologies nouvelles ont accéléré les mutations profondes dans la société globalisée avec entre autres, une configuration sociale et politique nouvelle, la mise en cohabitation d’alternatives porteuses d’espoir face à des situations de désespoir pour les peuples et les individus.  Cette nouvelle réalité mondiale fait qu’aucune lutte ne peut être menée sans tenir compte des stratégies de positionnement des nouveaux blocs politiques et économiques mais aussi et surtout, sans une prise de position claire de notre part dans ce jeu de reconquête et de résistance des uns contre les autres.C’est pour cela, qu’à la complexité de la situation actuelle, tant en Côte d’Ivoire que dans le monde, L’Alternative Sociétale travaille à conquérir avec tous et pour tous, les droits fondamentaux assurant à l’homme sa liberté totale, condition pour qu’il assume son rôle de citoyen d’une Nation Insoumise et d’Un Monde Solidaire. Notre objectif est de favoriser le rassemblement, l’intervention et la participation de chaque citoyen à la décision politique, à l’égalité de droits, de toutes les femmes et de tous les hommes qui entendent travailler pour l’avènement d’une société prospère et solidaire dans laquelle la dialectique de la confrontation permanente est remplacée par une de fraternité vraie, de tolérance et de paix.L’Alternative Sociétale entend lutter pour que Notre Histoire collective ne soit plus reléguée dans le passé et que Les Pères de Notre Independence Politique deviennent les lanternes qui conduisent notre Combat pour une Libération Economique effective qui, bien menée, renforcera notre lutte pour la liberté, la démocratie et l’affirmation de la société solidaire et prospère. Nous voulons promouvoir la pleine autonomie et le plein épanouissement de chaque femme et de chaque homme en faisant reculer, jusqu’à leur dernier retranchement, toutes les formes sociales d’exploitation, de domination et d’aliénation. Car c’est notre conception que les êtres humains sont libres, égaux et solidaires et que l’élargissement des droits, des pouvoirs, de l’accès au savoir et à la culture de manière effective et égale pour chaque être humain, reste une des conditions déterminantes pour des choix collectifs objectifs, donc l’expression de la citoyenneté, le contrôle de l’action gouvernementale garantissant l’utilisation optimale et rationnelle des richesses nationales pour la satisfaction des intérêts de tous. Ainsi, adviendra, au travers de cette voie de la démocratie participative et citoyenne, une société nouvelle avec une génération de citoyens nouveaux.L’action pour une société, un système plus juste et plus humain ne doit plus jamais se retourner contre l’espoir qu’elle porte. Les enjeux de la lutte pour une société où la solidarité et le respect des droits de l’homme étant universels, nous nous faisons fort de participer à toutes les mobilisations qui ont pour objet d’agir partout où le besoin est, pour que l’homme soit le centre et la finalité de l’action politique, économique et sociale. L’Alternative Sociétale est donc une espérance que, quelque part, dans leur être profond, il existe des Ivoiriens, des Africain, et Des Citoyens du Monde, qui sont de bonne foi et qui aspirent à un changement véritable qui a pour noms : démocratie participative, économie réformée, autocentrée et dynamique, changement générationnel et solidaire, société fondée sur l’éthique et le respect de l’autre, nation insoumise, solidaire et volontairement humaniste, pacifique et panafricaniste. Si ces Ivoiriens, Africains et Citoyens du monde se reconnaissent, c’est ici le lieu approprié pour débattre pour reconstruire, de proposer pour transformer, d’agir pour changer. 

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